L’atelier du Petit Plateau est un atelier participatif de réparation de vélos.
Mais pourquoi donc réparer ensemble, et pourquoi des vélos ?
Nous expliquons ici la raison d’être de cet atelier.

 

Pourquoi des vélos ?

À l’atelier, nous sommes convaincus que le vélo c’est un super moyen de transport, peut-être même la meilleure façon d’aller d’un point A à un point B (et inversement) !
Pas convaincu ?
Pourtant le vélo est :
  • Pratique, léger, peu encombrant : il est plus adapté aux petits espaces (rues étroites, chemins) et plus facile à stationner que la plupart des véhicules ;
    En cas de « panne », il peut être déplacé sans grands moyens techniques ;
  • Rapide : en ville, la vitesse moyenne de déplacement automobile est de 15 à 20 km/h[1], c’est justement la vitesse moyenne à effort modéré d’une bicyclette ;
  • Silencieux et non-polluant, il est bon pour la santé (la vôtre, et aussi celle des autres) et contribue à un environnement moins bruyant (moins d’agressions sonores) ;
    Un petit trajet quotidien ou hebdomadaire est parfait pour garder la forme à tout âge.
  • Simple dans son fonctionnement, il nécessite moins d’équipement onéreux et complexe pour son entretien et sa réparation ;
  • Accessible financièrement : un vélo d’occasion en état de rouler se trouve à moins de 50€ (une journée de travail) et il permet aussi de faire des économies substantielles d’essence !
  • Élégant et amusant : tenir en équilibre, une position de conduite haute, chevaucher un vélo : un plaisir qui se voit !
C’est bien beau tout ça, me diriez-vous ! Mais un vélo, c’est aussi des inconvénients :
  • « C’est dangereux » : on peut chuter ou se faire renverser, pourtant, ce risque est aussi présent à pied et les cyclistes font partie des personnes les moins touchées par les accidents de la route.[2]
  • « C’est compliqué de circuler » : un reproche fréquent est que la ville n’est pas adaptée à une conduite sereine ; il est vrai que le manque d’aménagement cyclable est à déplorer dans certaines villes mais il s’agit aussi de partage de la voie publique, car rien n’oblige à conduire vite et dangereusement et cela vaut aussi pour les cyclistes envers les autres usagers !
    Un autre argument : plus le nombre de cyclistes (occasionnels ou réguliers) augmentera, et plus les citoyens pourront réclamer des aménagements adaptés, et ainsi de suite : un cercle vertueux, en somme !
  • « Ça ne remplace pas une voiture » : certes, on ne peut pas transporter des centaines de kilos de courses, ou bien rouler sur l’autoroute, mais sans envisager d’abandonner sa voiture (même si 17% des ménages français n’ont pas de véhicule automobile personnel[3], et que l’on peut tout à fait partir en vacances à vélo), une bicyclette peut remplacer la voiture dans certains usages quotidiens : aller chercher son pain, emmener les enfants à l’école, aller poster une lettre ou un colis, sortir en ville, voire même aller au travail !
  • « C’est difficile dans les côtes et on est en sueur à l’arrivée » : un effort physique régulier est recommandé pour rester en bonne santé, celui-ci ne doit pas être intense (30min de marche, 10min de vélo par jour) et ça tombe bien, car pédaler sur un sol plat ne fait pas nécessairement transpirer, surtout sur des courtes distances (inférieures à 5km), pour lesquelles le vélo est un mode de transport parfaitement adapté.
  • « C’est chiant quand il pleut » : certes, se déplacer sous la pluie est rarement vu comme une joie (quelque soit le moyen de transport d’ailleurs), cependant des équipements adaptés au mauvais temps existent afin de ne pas être trempé une fois arrivé à destination : un bon cycliste est un cycliste bien équipé ! Et puis, il ne pleut pas tout le temps (même à Poitiers : il pleut au plus 15% du temps[4]) !
    Pourquoi se refuser à faire du vélo de manière générale uniquement pour ces cas particuliers ?

Le vélo s’inscrit dans la ville et n’est pas seulement fait pour la balade (même s’il s’y prête très bien) !
Apte à circuler de pair avec les piétons (à vitesse toutefois modérée), le vélo est un moyen de transport citoyen, qui occupe peu d’espace et ne s’en accapare pas par nature, contrairement à l’automobile : parkings vides devenant de grandes zones mortes, routes toujours plus larges pour permettre plus de trafic et surtout plus de vitesse, stationnement illicite (une pratique généralisée) qui empiète sur la sécurité voire la liberté de déplacement des autres usagers (même automobiles).
Avec un vélo, ces problèmes quotidiens de stationnement, de circulation dans des lieux très fréquentés, sont tout de suite moins complexes.

Quelques dessins pour illustrer notre propos :

Brève histoire de la mobilité Qui est vraiment dangereux en ville ? Le vélo, un moyen de transport pour les pauvres ?

 

Le trajet domicile-travail L’étalement urbain L’anatomie d’un vélo type
attention image lourde (3,8 Mo)

 

Pourquoi réparer ?

Entretenir son vélo :

Comme toute mécanique, les pièces mobiles d’un vélo sont soumises à une certaine usure selon l’utilisation. Un entretien régulier permet d’améliorer la durée de vie de ces pièces, mais également de retrouver les performances d’origine de sa bicyclette (effort de pédalage, capacité de freinage, confort).
Tous les moyens sont à disposition à l’atelier pour l’entretien :
  • – Nettoyage et graissage (huile) de la transmission (chaîne) ;
  • – Vérification de la pression des pneus et gonflage ;
  • – Réglage des freins ;
  • – Ajustements divers des éléments de posture/confort (selle, guidon) ;
  • – Nettoyage général du vélo : parce qu’une bicyclette propre donne plus envie de la conduire !
En réalisant ces opérations régulièrement (environ une fois tous les deux mois si vous utilisez votre vélo jusqu’à 10km par jour), vous aurez un engin prêt à rouler en toutes circonstances !

Réparer :

Un vélo ayant été beaucoup utilisé, mal conservé (endroit humide) pendant longtemps, rarement entretenu, ou bien ayant connu quelques imprévus, peut la plupart du temps être réparé avec peu de moyens matériels, en nécessitant parfois des pièces de rechange. Ces pièces sont proposés à un tarif dérisoire à nos adhérents, car elles sont généreusement récupérées sur des vélos qui demanderaient trop de moyens pour être réparés !

En effet, à l’atelier, nous appliquons la devise des 3R : Réutiliser, Réparer, Recycler.

De nombreux vélos sont jetés tous les jours à la décharge, alors que beaucoup de leurs composants pourraient encore servir. En les déposant à l’atelier, ces composants sont récupérés, triés, et réutilisés sur des vélos à réparer. Les parties restantes sont envoyées pour être recyclées (ferraillage ou bien encore œuvres artistiques).

Par cette démarche, nous entendons économiser de l’énergie (nécessaires à la fonte des métaux pour le recyclage, et surtout utilisée pour fabriquer de nouveaux vélos), de la matière, et du travail supplémentaire. Le tout est de trouver le bon équilibre entre réparer et temps travaillé pour l’achat d’une machine remplissant les mêmes fonctions.
Le vélo devient ainsi plus qu’un bien de consommation jetable, utilisé pour quelques balades avant de dormir dans un garage.

Réparer vous paraît long, pénible, et compliqué ? Venez à l’atelier, nous saurons vous démontrer le contraire !

Pourquoi un atelier participatif ?

Mutualiser les outils et les savoirs

Nous pensons que réparer ne s’improvise pas toujours et que tout le monde a dû apprendre à réparer avant d’être rapide et efficace. À l’atelier, en plus de bénéficier d’une documentation claire et explicite (livres, affiches, Wiklou), des bénévoles sont présents à chaque permanence pour vous aider et/ou apprendre à réparer votre vélo. Et comme chacun ne dispose pas d’une panoplie complète du parfait bricoleur chez soi, tous les outils nécessaires (et adaptés) à l’entretien et la réparation sont disponibles à l’atelier, partagés entre tous les adhérents.
Ensemble, c’est plus facile !

Un coup de main !

Nous (les bénévoles) ne pensons pas être la seule source du savoir. Nos adhérents représentent aussi la richesse de l’atelier participatif et chacun peut partager ses techniques de réparation, ou tout simplement donner un coup de main quand il est difficile voire impossible de réparer seul !
Ensemble, nous sommes plus efficaces !

Une ambiance chaleureuse et solidaire !

Réparer seul peut souvent avoir un effet rebutant et ennuyeux. À l’atelier, vous pourrez toujours discuter et partager vos expériences avec les autres adhérents ! Il est également possible de flâner ou d’apporter de quoi grignoter. Les moments de convivialité ne sont pas réservés aux bénévoles [5]!
Ensemble, c’est plus sympa !

 


[1] Observé sur le compteur d’un véhicule hybride de la banlieue parisienne. http://www.consoglobe.com/10-modes-de-transport-propres-pour-se-deplacer-en-ville-cg/3
Autre source sur les modes de déplacement en France et les temps de parcours respectifs : http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1252#inter3
[2] http://www.securite-routiere.org/Connaitre/statisti.htm
Autre source (étude particulière) : http://velobuc.free.fr/accidents.html
[3] http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATTEF05160
[4] Selon Météo-France, il y a 109,3 jours de pluie à Poitiers par an (moyenne 1981-2010). Sur 365 jours par an, cela représente 30 % des jours (24h) où la pluie tombe (au moins une fois). Rapportée à une durée « jour » de moitié (en enlevant la nuit), on peut en conclure que la pluie tombe au moins une fois sur 15 % du temps diurne à Poitiers.
[5] Tout le monde (parmi les adhérents) peut devenir bénévole. Si vous vous reconnaissez parmi les valeurs de l’atelier, alors nous vous invitons à nous rejoindre !

Pour information, jours de pluie par an (moyenne 1981-2010), source Météo-France :
59 j → Marseille
109,3 j → Poitiers
159,0 j → Brest